“Cartographie #2”, graphite, encre noire, crayons feutre sur papier, 111×16 cm 2018

J’ai initié l’exploration de la cartographie comme médium artistique dès 2013, en parcourant ma propre histoire pour retracer une carte relationnelle où figuraient les rencontres importantes depuis ma naissance jusqu’au mois de juillet 2013 (date à laquelle j’exposais “Cartographie #1″, à la galerie Onomato Kunstverein à Düsseldorf. Voir project Zufall sur mon site web). Le dessin s’étend de façon chronologique et quasi géographique, de prénoms en prénoms, de liens en liens qui se tissent en reliefs…
La fabrication de cette carte nécessite plusieurs mois, elle fait appel à la mémoire, aux souvenirs lointains, il y a donc des erreurs, des oublis… J’ai décidé d’en réaliser une, tous les 5 ans, et de les comparer pour repérer les actes manqués, les lapsus que cette faillibilité de la mémoire révèle.
“Cartographie #2″ a été créée en 2018 et exposée à la Fondation Espace Ecureuil à Toulouse en juin 2018 (vous référez au project cartography sur mon site internet).

“Buisson ardent, contro-corrente #3”, impression laser sur dibond, 225×150 cm 2018

Inspirée par le récit de Pier Paolo Pasolini, “La lunga strada di sabbia”, ce voyage qu’il réalisa en 1959, longeant le littoral italien au volant de sa Millecento, j’ai moi-même repris cette route, seule, au volant de ma camionnette, de côte en côte, allant revisiter les lieux qu’il décrivait 60 ans auparavant. J’ai choisi de diviser l’itinéraire en trois étapes et de le suivre à contre-courant pour débuter par le territoire de son enfance. Son journal est devenu ma feuille de route et sa poésie mon compagnon de voyage ! D’année en année, au fil des découvertes et des rencontres fortuites, j’ai collecté de nombreuses photographies, vidéographies, des sons, des mots, des objets, du sable… avec lesquels j’ai ensuite composé la trilogie “contro-corrente #1, #2 et #3” que j’ai présentée sous forme d’installations audio-visuelles accompagnées de la publication de mes journaux de voyage (vous référez aux projects contro-corrente#1, #2 & #3 sur mon site internet).

“Tevere”, video HD, 12’58 2018

Cette vidéo a été réalisée à la fin de mon long voyage “contro-corrente #3” dans les pas de Pier Paolo Pasolini. (Vous référez au project contro-corrente #3 sur mon site internet).
Pour cette dernière étape j’ai suivi le Tibre rejoignant Rome au Lido di Ostia ; ce lieu se situe sur “La longue route de sable” mais il est également l’endroit où Pier Paolo Pasolini fut sauvagement assassiné.

Note: The text above was written by the Artist. No modification was made by COCA.

Chantal Vey

France

https://www.chantalvey.be

Née en France en 1970, Chantal Vey vit et travaille à Bruxelles.
Elle s’est spécialisée en photographie après avoir réalisé des études d’Histoire de l’Art à Lyon et particulièrement à l’issue d’un an de recherches en Italie. Cette première résidence étrangère fut déterminante et initia la pratique du voyage, de la marche, de l’ailleurs. Dès lors son parcours artistique s’est continuellement renouvelé par de nombreuses explorations en Europe, en Chine, adoptant le nomadisme comme une forme de travail.
Ces dernières années, sa démarche s’est orientée plus précisément vers des explorations en bord de Territoire : en 2010, un road-trip “aRound Belgium”, sillonnant les mille trois cent quatre vingt six kilomètres de la frontière belge, avec sa petite camionnette transformée en habitation mobile, et aujourd’hui “contro-corrente”, cette itinérance au fil des côtes italiennes, inspirée du récit de voyage, “La longue route de sable”, cette route qu’avait parcourue Pier Paolo Pasolini en 1959.

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